Tout savoir sur le papier ingraissable et le duplex Alimentaire
Le papier ingraissable freine les graisses grâce à un raffinage mécanique et un traitement WS ; il convient aux charcuteries sèches et aux fromages fermes. Le papier duplex marie kraft et polyéthylène contrecollé, scelle totalement viandes fraîches et produits juteux. Depuis août 2026, la réglementation PPWR bannit les PFAS au-delà de 25 ppb et impose recyclabilité, marquage numérique sur les emballages alimentaires.
L'essentiel pour les pros
- Conformité : le papier ingraissable est une solution d'emballage alimentaire respectant le règlement 1935/2004 (Inertie chimique) et les normes anti-PFAS (PPWR 2026).
- Technique : Le papier ingraissable (traité WS) respire pour les produits secs/affinés. Le Duplex (Kraft+PE) scelle hermétiquement les produits humides/gras.
- Écologie : Recyclable à >85%, certifié PEFC/FSC, accompagnant la transition AGEC vers moins de plastique.
Sommaire Technique
Composition et procédés de fabrication
Papier ingraissable traité WS
Le papier ingraissable repose sur un traitement dans la masse de la pâte kraft : les fibres de cellulose passent entre disques ou cylindres, l'indice Schopper-Riegler grimpe jusqu'à 45–65 °SR. Les fibres se resserrent, la porosité du réseau capillaire se réduit, les molécules grasses pénètrent moins vite. Le traitement Wet Strength (WS) intègre des résines thermodurcissables (polyamide-amine, mélamine-formaldéhyde, agents AKD) qui réticulant les liaisons hydrogène entre fibres. Le grammage courant va de 40 à 70 g/m² ; le papier reste souple et résiste à l'humidité durant 3 à 8 minutes en immersion eau froide.
La cellulose vient de pâte kraft blanchie ECF ou TCF, tirée de bois certifié PEFC ou FSC. Des charges minérales (kaolin, talc, carbonate de calcium) renforcent l'opacité et la main du papier. Agents antimousse, dispersants et colles de surface stabilisent la fabrication sur machine à papier. La norme NF V08-401 fixe un test d'absorption Cobb120 inférieur à 25 g/m² pour qualifier l'ingraissabilité réelle du matériau.
Papier duplex contrecollé
Le papier duplex associe une feuille kraft de 50 à 90 g/m² et une pellicule polyéthylène de 12 à 25 µm, assemblées par contrecollage. Le procédé de complexage dépose une colle hotmelt polyoléfine ou un adhésif aqueux entre les deux couches, sous pression et température contrôlées. Cette structure bicouche combine souplesse du papier (imprimabilité offset ou flexographie, identité visuelle) et barrière totale du plastique (liquides, graisses, vapeur d'eau, inertie chimique). La face kraft externe accueille impressions couleur quadrichromie, motifs vichy typiques des boucheries, logos fromageries AOC, mentions réglementaires INCO.
Le polyéthylène provient de grades vierges alimentaires, conformes au règlement 10/2011 sur les matériaux plastiques contact denrées. Le grammage PE varie selon l'agressivité lipidique du produit : 12–15 µm pour fromages secs, 18–25 µm pour viandes hachées, rillettes, pâtés à forte teneur en gras. Le contrecollage exige des colles sans solvants aromatiques, testées migration globale inférieure à 10 mg/dm² à 40°C durant 10 jours, simulant contact prolongé avec simulant D (éthanol 50%) représentatif des denrées grasses. La thermorésistance atteint 80°C ; le four traiteur passe sans problème, mais la cuisson directe haute température réclame du papier sulfurisé siliconé.
Propriétés techniques et performances
Résistance aux graisses et à l'humidité
Le papier ingraissable maintient une semi-perméabilité contrôlée : les fibres densifiées freinent la capillarité des huiles et graisses animales ou végétales, le produit respire. Cette respiration régule l'activité eau (aw), ralentit la prolifération microbienne, évite la condensation sous film qui entraîne anaérobiose et développement de Clostridium. Le traitement WS tient face à l'humidité de courte durée ; le papier protège charcuteries sèches (saucisson, coppa, jambon cru), fromages à pâte dure (comté, gruyère, mimolette) et poisson frais durant transport et stockage réfrigéré 0–4°C. Le test d'immersion normalisé mesure la résistance humide : le papier conserve au moins 15% de sa résistance initiale après 3 minutes dans l'eau à 20°C.
Le papier duplex supprime toute perméabilité lipidique et hydrique grâce à sa pellicule polyéthylène. L'étanchéité totale bloque l'exsudat des viandes fraîches, le suintement jus des fromages triple-crème, les liquides de marinades traiteur. Cette barrière préserve l'hygiène vitrine, stoppe les fuites plateau frigo, protège l'emballage secondaire (sac papier, carton de transport). Le taux de transmission vapeur d'eau (WVTR) descend sous 5 g/m²/24h à 23°C et 85% HR ; la conservation sur DLC courte (3 à 7 jours produits frais) se tient.
Grammages et formats métiers
Chaque métier choisit son grammage selon contraintes mécaniques et économiques. Les boucheries artisanales privilégient le papier ingraissable 50–60 g/m² pour intercaler steaks hachés, emballer saucisses fraîches, protéger côtes d'agneau du dessèchement réfrigéré. Les fromageries sélectionnent 60–70 g/m² pour fromages affinés ; manipulation répétée et pliage serré passent sans souci. Les poissonneries préfèrent ingraissable 65 g/m², résistant humidité élevée et texture glissante des filets.
Le papier duplex s'étend de 60 à 90 g/m² papier + 15–25 µm PE selon l'application. Les sandwicheries utilisent 60 g/m² + 12 µm PE pour wraps snacking, minimisant coût et épaisseur. Les charcutiers-traiteurs exigent 80 g/m² + 20 µm PE pour barquettes operculées, plats préparés, terrines ; solidité manipulation et étanchéité hermétique sont au rendez-vous. Les formats varient : feuilles prédécoupées 25×35 cm, 30×40 cm, 35×50 cm pour vente au détail ; bobines laize 30, 40, 50 cm pour lignes de conditionnement industrielles automatisées.
Solidité mécanique et manipulation
La résistance mécanique conditionne la productivité atelier et la satisfaction client. Le test d'éclatement Mullen mesure la pression nécessaire pour perforer le papier : un ingraissable 60 g/m² atteint 180–220 kPa, un duplex 70 g/m² dépasse 300 kPa. La résistance traction MD (sens machine) et CD (sens travers) détermine l'allongement à rupture : 2–4% pour ingraissable, 4–6% pour duplex ; les déchirures durant pliage rapide en point de vente se limitent.
Le papier ingraissable supporte pliage manuel répété sans fissuration, adapté au conditionnement artisan boucher qui enveloppe la pièce, ferme avec étiquette adhésive mentionnant poids net, prix/kg, DLC. Le duplex tolère thermoformage léger, operculage barquettes aluminium ou carton, passage sous cloche atmosphère modifiée (MAP) pour prolonger DLC produits traiteur. La tenue froid positif 0–4°C maintient rigidité et aspect visuel : pas de gondolage, pas de ramollissement, pas de décollement couche PE. La condensation réfrigération perle sur la face PE sans pénétrer la structure papier.
Applications professionnelles par secteur
Boucherie et charcuterie
Les bouchers adoptent le papier ingraissable 50–65 g/m² pour emballer viandes rouges maigres (rumsteck, filet, bavette) où la graisse intermusculaire reste modérée. L'intercalaire entre steaks hachés évite collage, facilite séparation portion par portion, préserve couleur rouge oxymyoglobine sous film étirable. Les charcuteries sèches (saucisson, rosette, chorizo) tirent parti de la respiration contrôlée : le papier limite oxydation, maintient arômes, freine dessèchement excessif durant affinage post-tranchage.
Le papier duplex 70–90 g/m² + 18–25 µm PE s'impose pour charcuteries cuites (rôti de porc, paupiettes, rillettes, pâtés) et viandes très juteuses (bavette d'aloyau, onglet mariné, côtes levées sauce BBQ). La barrière hermétique contient jus de cuisson, marinades huileuses, gélées aspic. L'impression vichy rose ou motif charcutier renforce identification produit en vitrine, valorise image artisanale. Le boucher plie le duplex autour de la pièce, scotche avec adhésif, applique étiquette prix conforme Code de la consommation. La présentation propre, sans tache graisse, rassure le consommateur sur l'hygiène et la fraîcheur.
Fromagerie et poissonnerie
Les fromagers distinguent pâtes dures (comté, beaufort, parmesan) emballées en papier ingraissable 60 g/m², tolérant croûte sèche et texture ferme, des pâtes molles (camembert, brie, époisses) nécessitant duplex 75 g/m² + 15 µm PE contre suintement affinage. Les fromages triple-crème (brillat-savarin, saint-marcellin) exigent duplex renforcé 80 g/m² + 20 µm PE, bloquant totalement migration matière grasse vers emballage secondaire. L'impression motifs fromagers (meules, vaches, AOC régionale) différencie références, soutient identité terroir.
Les poissonniers emploient papier ingraissable 65–70 g/m² pour filets poisson blanc (cabillaud, lieu, colin), darnes saumon, crevettes crues. La résistance humide courte durée suffit pour transport comptoir-domicile (15–30 minutes). La perméabilité vapeur évite macération liquide exsudat, préserve texture chair. Le duplex 70 g/m² + 18 µm PE emballe poissons gras (maquereau, sardine), préparations marinées (saumon gravlax), plateaux fruits de mer ; étanchéité hermétique durant conservation réfrigérée 48–72h tient.
Sandwicherie et restauration rapide
Les sandwicheries et points de vente snacking mobilisent papier ingraissable kraft 50–60 g/m² pour wraps, paninis, burgers, frites. Les boîtes à pizza en carton ondulé cannelure B (épaisseur 3 mm) combinent rigidité et isolation thermique. Le carton microcanal maintient la température du produit pendant 20 à 30 minutes. Les formats standards (28 cm, 32 cm, 40 cm de diamètre) s'empilent facilement pour les livraisons groupées.
Le kraft naturel brun lui, véhicule image écologique, artisanale, authentique ; clientèle sensible développement durable apprécie. La résistance graisses courte durée (10–20 minutes consommation immédiate) évite transparence huile, taches mains, sacs extérieurs souillés. Le coût matière contenu (1,2–1,8 €/kg) optimise rentabilité activité forte rotation.
Le papier duplex 60 g/m² + 12 µm PE équipe sandwichs préemballés grande distribution, salades traiteur operculées, barquettes plats chauds à emporter. La thermorésistance 80°C autorise réchauffage micro-ondes (retrait préalable couvercle opercule), maintien température service hot-dog, kebab. L'impression quadrichromie marque, photo produit, informations nutritionnelles INCO transforme l'emballage en support marketing, renforce mémorisation consommateur. La DLC 3–7 jours exige traçabilité lot rigoureuse : numéro fabrication, heure conditionnement, température stockage, origine matières premières.
Cadre réglementaire strict
Règlement 1935/2004 et aptitude au contact
Tout emballage doit garantir l'inertie chimique : aucun transfert toxique vers l'aliment. Les fabricants fournissent une déclaration de conformité (DoC) basée sur des tests de migration (globale et spécifique) réalisés par des laboratoires accrédités.
Alerte PPWR & PFAS (Août 2026)
La réglementation européenne bannit les PFAS (substances perfluorées) au-delà de 25 ppb. Nos papiers ingraissables utilisent des traitements sans fluor conformes à ces nouvelles exigences sanitaires.
Contrôles DGCCRF
En France, la DGCCRF vérifie la présence des certificats, l'étiquetage (Triman) et la traçabilité. Conservez vos fiches techniques pendant 5 ans !
Certifications qualité et traçabilité
La sécurité alimentaire se prouve. Les normes ISO 22000 (Management sécurité denrées) et les référentiels distributeurs (IFS PACsecure, BRC) garantissent la maîtrise des risques (HACCP) et la traçabilité des lots.
La traçabilité doit être totale : du numéro de bobine mère jusqu'au produit fini chez le client. C'est une exigence pour répondre aux alertes sanitaires en moins de 4h.
Papier kraft et économie circulaire
Recyclabilité (>85%)
Le papier kraft non couché s'intègre parfaitement dans la filière de recyclage papier (bacs jaunes). Les fibres longues supportent 5 à 7 cycles de recyclage.
Note : Les complexes Duplex (Papier+PE) nécessitent des technologies de séparation (pulpage) spécifiques, mais restent valorisables.
Compostabilité et Forêts durables
Les papiers certifiés FSC ou PEFC garantissent une gestion durable des forêts. Le kraft non traité est naturellement biodégradable. Pour le compostage industriel, la certification EN 13432 est requise (notamment pour les colles et encres).
Comparatif : Ingraissable vs Duplex
| Critère | Papier Ingraissable (WS) | Papier Duplex (Kraft + PE) |
|---|---|---|
| Barrière Graisses | Haute (Semi-perméable) | Totale (Imperméable) |
| Barrière Eau | Faible (3-8 min) | Totale (Longue durée) |
| Respirabilité | Oui (Produits secs/affinés) | Non (Produits humides) |
| Usage Type | Saucisson, Fromage dur, Burger | Viande fraîche, Poisson, Traiteur |
| Coût | Économique | Intermédiaire |
FAQ : Papier Alimentaire
Le papier ingraissable contient-il des PFAS ?
Historiquement oui, mais la réglementation (PPWR) les bannit. Nos papiers utilisent des traitements mécaniques (raffinage) ou chimiques naturels sans fluor pour garantir l'ingraissabilité.
Peut-on mettre le papier Duplex au four ?
Non, ou seulement à basse température (<80°C). Le film PE fondrait. Pour la cuisson, utilisez du papier sulfurisé siliconé spécifique.
Le papier Duplex est-il recyclable ?
C'est plus complexe que le papier pur. Il nécessite des installations capables de séparer la fibre du film plastique. Vérifiez les consignes locales (souvent bac jaune autorisé).
Glossaire Expert
WS (Wet Strength) : Traitement résistance humide.
Duplex : Complexe Papier + Film (souvent PE).
PFAS : Composés perfluorés (polluants éternels).
Grammage : Poids du papier au m².
Cobb : Test d'absorption d'eau.
Kit Test : Test de résistance aux graisses.
PPWR : Règlement européen emballages (2024).
DoC : Déclaration de Conformité.